Chanson douce de Leïla Slimani

Chanson douce de Leïla Slimani - Book Lipstick, blog littéraire
28 Juil

Résumé :

 » « Ma nounou est une fée. » C’est ce que dit Myriam quand elle raconte l’irruption de Louise dans leur quotidien.  « 

Myriam ne supporte plus les quatre murs de son appartement. Enfermée dans les tâches ménagères, la garde de ses enfants et son rôle de mère autrefois rassurant et confortable, Myriam veut plus. «  Après un casting sévère « , Myriam et Paul, son mari, trouvent enfin la perle rare : Louise. Louise coud, nettoie, cuisine, connaît par cœur les goûts de chacun, donne le bain aux enfants, les discipline, lave les rideaux, prend les rendez-vous… Louise est ponctuelle. Louise est consciencieuse. Louise est scrupuleuse. Louise est partoutLouise est une perle certes, mais à quel prix ? 

Mon avis :

La fin au commencement

« Le bébé est mort. » Voilà les premiers mots du roman. Chanson douce commence en effet par ce qu’on appellerait habituellement la fin de l’histoire. Leïla Slimani nous sert sur un plateau la tête de nos personnages avant même d’avoir pu les découvrir. C’est impitoyable. N’étant pas une adepte de connaître la fin avant d’avoir lu l’histoire, je me suis tout de même surprise à continuer ma lecture. Comment expliquer cet acte que seul un monstre aurait pu commettre ? L’auteure réussit à attiser notre curiosité en nous dévoilant, sans détour, sa main  dès le départ. Impressionnant. 

Du suspens de la fin au début

Découvrir l’histoire des personnages en connaissant d’ors et déjà leurs sorts a été pour moi assez troublant. On découvre que le bourreau n’est pas toujours celui qu’on condamne. Slimani nous force à nous remettre en question pour un résultat plus que déroutant. Le livre ne tient pas du suspens sanglant, je tiens à le préciser – il peut être simplement éprouvant psychologiquement. 

Une plume tranchante

Comme j’ai déjà pu l’évoqué dans mon article sur le premier roman de l’auteure, Dans le jardin de l’ogre, Leïla Slimani a une écriture bien à elle : claire, incisive et brut. On retrouve également cette poésie abrupte dans Chanson Douce.

En voici un extrait :

« […] Paul et Myriam restent silencieux. Ils font signe à Mila, qui s’est mise à ricaner, de se taire. Mila se moque :  » Louise est un bébé. Elle ne sait même pas nager.  » Paul est gêné et cette gêne le met en colère. Il en veut à Louise d’avoir traîné jusqu’ici son indigence, ses fragilités. De leur empoisonner la journée avec son visage de martyre. […] »

Des personnages fascinants

Grâce à son écriture, Slimani dresse un portrait sociétal et humain sans pareil. Chaque personnage, chaque remarque, chaque détail a sa place dans un équilibre bien fragile, témoignage d’une société malade, du rapport à l’argent et à l’apparent pouvoir.

En conclusion

Comme j’ai pu le préciser dans mon précédent article, Chanson douce m’avait laissé sur ma faim. Comment faire autrement quand, la fin, nous la connaissons déjà ?

Je ne sais pas si j’ai réellement aimé ce livre; je sais simplement l’avoir dévoré en quelques heures. On en viendrait presque à une question philosophique « mais du coup, qu’est-ce qu’un bon livre ? « . Chanson douce m’a en tout cas touché, tant par l’histoire que par l’écriture, mise mal à l’aise à certains moments en miroitant mes propres failles, et m’a surtout donné envie de découvrir d’autres livres de l’auteure, dont Dans le jardin de l’ogre. Une lecture qui m’a donné faim de lire et dont je ne suis vraiment pas déçue.

 

Chanson douce, prix Goncourt 2016 – Quand le mieux devient l’ennemi du bien

 Un livre qui vous glacera le sang. 

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