La femme comestible de Margaret Atwood

La femme comestible de Margaret Atwood - Book Lipstick, blog littéraire
21 Mar

Résumé:

(4 ème de couverture éditions Pavillons Poche, Robert Laffont) « Marian se cherche, irrésolue. Va se marier, sans passion. Et vit la plus étrange des expériences: peu à peu, elle ne peut plus rien manger. Chez elle, alors, tout ce détraque. Car moins elle peut avaler, plus elle se sent elle-même dévorée: comme si, de membre bienveillant de notre société de consommation, elle se retrouvait dans la peau d’un des produits… […] »

Mon avis:

J’ai eu il y a quelques temps un espèce de creux en terme de lecture (et d’écriture aussi d’ailleurs). Les livres pratiques et de non-fiction me prenaient littéralement la tête, et la fiction m’ennuyait à mourir. En gros, je n’avais ni envie de suivre les tenants et aboutissants d’une histoire rocambolesque, ni envie de ressortir de ma lecture une morale ou une leçon de vie. Lire pour lire, c’était ça l’idée. Oui, mais quoi?

La femme comestible, ou se sortir d’une impasse littéraire

J’ai décidé de vous parler de ce livre aujourd’hui parce que je pense qu’on ne peut pas constamment lire des ouvrages à couper le souffle; et c’est ce que j’ai étrangement apprécié dans La femme comestible: c’est l’histoire en apparence banale d’une jeune femme banale dans les années 60.

Je pense justement avoir aimé ce livre pour son côté terre à terre. Il n’y a en effet ni catastrophe, ni drame, ni d’histoire d’amour dégoulinante de sentimentalité. On suit simplement le parcours d’une jeune femme un peu pommée, professionnellement comme dans son couple, partagée entre son désir de stabilité et ses propres envies. 

L’écriture d’Atwood: une narration en strates

Comme j’ai déjà pu en parler pour C’est le coeur qui lâche en dernier, j’aime énormément l’écriture de Margaret Atwood. La façon dont elle dépeint ses personnages et la façon dont elle narre l’histoire m’impressionnent toujours.

C’est aussi le cas ici: de prime abord, l’histoire et Marian semblent assez basiques. Cependant, quand on y réfléchit, toute leur subtilité nous saute aux yeux. Atwood réussit vraiment a tissé du lien avec son lecteur, en créant une sorte de complicité tacite à propos de l’histoire et de son personnage, sans nous forcer à avaler une certaine idéologie.

Les personnages secondaires ne sont non plus jamais de trop: ils nous révèlent différents aspects de la psyché de Marian. En plus de cela, ils complètent à merveille l’espèce de peinture sociétale d’Atwood des années 60. La femme n’est pas une entité homogène: toutes (et tous) ont des caractères et rêves bien distincts, nous offrant ainsi une palette de personnages riche en couleurs.

La femme comestible: le plaisir du trivial allié à l’écriture d’un génie

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 

Ca va vous plaire ! ...dans la catégorie Inclassable - divers

Nos réseaux sociaux