Dans le jardin de l’ogre de Leïla Slimani

Dans le jardin de l’ogre de Leïla Slimani - Book Lipstick, blog littéraire
19 Juil

Résumé :

Adèle est sexuellement dépendante et Parisienne. C’est aussi la mère d’un petit garçon, Lucien, la femme d’un médecin bobo, Richard, et une journaliste pistonnée sans talent – dans cet ordre-là. Issue de la classe populaire, Adèle s’est créée un nom, un personnage et une réputation, grâce au mariage et à la maternité notamment.  Faire illusion – auprès des autres et auprès de soi. « Nimbée d’une aura de respectabilité ». Attention cependant : entre la Madone et la Putain, il n’y a qu’un pas.

Dans le jardin de l’ogre – un mélange piquant entre Madame Bovary et Nymphomaniac.

Mon avis :

J’ai découvert Leïla Slimani grâce à son deuxième roman, Chanson douce, prix Goncourt 2016, dont je parlerai dans un prochain article. Le livre m’avait laissé sur ma faim. Une bonne faim. Celle qui donne envie de dévorer chaque ouvrage de l’auteur pour comprendre et s’imprégner de son univers. C’est avec plaisir que j’ai retrouvé une telle fin Dans le jardin de l’orgre.

Une écriture sans merci

Ce qui m’a marqué dans ces deux romans c’est d’abord l’écriture. Leïla Slimani réussit à allier une simplicité et une fluidité dans l’écriture tout en créant simultanément un sous-texte plein de symboles, plus que révélateur de nos personnages. Cette limpidité (pas si limpide que ça finalement) laisse libre cours à l’imagination du lecteur tout en le confrontant à une réalité brutale. Les mots de Slimani résonnent vraiment lors de la lecture – c’est tout à fait poétique et c’est ce pourquoi j’ai tant apprécié le livre. L’auteure a en effet réussit à allier brutalité et délicatesse, un peu comme Adèle, notre personnage, allie ,ou essaye d’allier en tout cas, son histoire, ce vide insatiable et ses pulsions à l’image d’une femme respectable – et donc intouchable. J’ai trouvé l’idée brillante et j’ai vraiment été conquise par ce style décalé.  

En voici un extrait :

« Comment pourrait-elle garder en mémoire le poids de chaque corps sur elle, la largeur des hanches, la taille du sexe ? Elle ne se souvient de rien de précis mais les hommes sont les uniques repères de son existence. A chaque saison, à chaque anniversaire, à chaque événement de sa vie, correspond un amant au visage flou. Dans son amnésie flotte la rassurante sensation d’avoir existé mille fois à travers le désir des autres. »

Des personnages déroutants

Que ce soit dans Chanson douce ou Dans le jardin de l’ogre, les personnages secondaires de Leïla Slimani sont particulièrement significatifs à l’histoire. J’ai beaucoup aimé découvrir la psychée des personnages via certains détails ou certaines réactions d’apparence anodines mais tout à fait révélateurs du caractère d’Adèle et de son environnement. Que ce soit son père silencieux, sa mère bruyante et aigrie ou son mari plus ou moins aveugle sur la situation, tout est là pour formé un puzzle bien complexe et délicieux à assembler. 

Un portrait quasi naturaliste des relations humaines

J’ai sciemment choisi de classer ce roman dans la catégorie Erotique de notre blog pour le contenu de certaines descriptions mais entendez bien que Dans le jardin de l’ogre n’est en rien une new romance un peu chaude.

En vérité lors de la lecture de cette fiction, j’ai vraiment eu l’impression d’assister une peinture sociale. On a cet espèce d’ancrage de la réalité dans la romance qui est à la fois totalement surprenant et semble pourtant terriblement vrai. J’ai beaucoup aimé le rapport d’Adèle à l’addiction et la façon dont Slimani a réussit à systématiser la parade nuptiale plutôt qu’amoureuse. Le sexe n’est plus cette étincelle un peu mystérieuse et magique mais un simple produit, qui suit telle et telle étape de production, dont on se gave pour essayer de combler ou oublier. Il y a en effet de multiples scènes de sexe dans le livre mais l’acte se rapporte toujours à une consommation effrénée, à l’illusion de ressentir quelque chose, plus qu’à de l’amour. Le sexe comme obsession destructrice – c’est osé et étrangement savoureux à lire.


Derniers commentaires

Bablofil

Thanks, great article.

19 juillet 2017 à 9 h 09 min
Marine, Littéraire enflammée

Thanks, my pleasure ! Did you read the book ?

26 juillet 2017 à 12 h 05 min

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